De Lorient vers Pékin : "Le Château de Versailles et la Cité interdite : les échanges entre la France et la Chine au XVIIIe siècle"
Six oeuvres du musée ont été selectionnées pour être présentées au Musée du Palais, à Pékin en Chine, lors de cette exposition temporaire. Cet événement est le fruit d’une collaboration entre le musée de la Compagnie des Indes de Lorient, l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles et le musée du Palais de Pékin.
Gravures, porcelaines et autres pièces, témoins d’une histoire riche en échanges commerciaux et culturels entre Lorient et la Chine au XVIIIe siècle, seront exposées au Musée de Pékin du 1er avril au 30 juin, offrant ainsi aux visiteurs chinois l’opportunité de découvrir l’héritage de nos relations.
Assiette à bord contourné aux armoiries de Philibert Orry (1689-1747)
Porcelaine, Chine, entre 1740 et 1745
Acquis avec l'aide du FRAM
Philibert Orry (1689-1747) est nommé contrôleur général des finances par Louis XV en 1730, puis ministre d'Etat en 1735. il est l'auteur de la réforme de la Compagnie des Indes en 1732.
Sur les 300 services armoriés français, près de la moitié a été commandée par des familles bretonnes. Il ne s'agit pas du fruit du hasard mais bien de la conséquence des liens étroits qui se tissent au 18è siècle entre la noblesse bretonne et le monde des grands négociants, du commerce maritime et de la Compagnie des Indes en particulier.
La mode des services armoriés en porcelaine de Chine en France s'éteint avec la disparition de la dernière Compagnie des Indes, la Compagnie de Calonne qui perd ses privilèges dans la nuit du 4 août 1789.
La Révolution décrète l'abolition des armoiries.
Assiette aux armoiries de l’abbé Terray
Porcelaine, Chine, vers 1765
Joseph Marie Terray (1715-1778), conseiller clerc au parlement de Paris en 1736, puis contrôleur général des finances de 1768 à 1774, est également syndic de la Compagnie des Indes.
Cette assiette fait partie d’un service de porcelaine de Chine commandé vers 1765. Personnage clé de la fin de la Compagnie des Indes, l’Abbé Terray était également amateur d’art et collectionneur et appréciait la porcelaine chinoise. Il s’en fit procurer à plusieurs reprises parmi celles acheminées au port de Lorient, comme en témoignent les demandes des directeurs de la Compagnie des Indes à Paris stipulant de lui faire parvenir des porcelaines en bleu de Chine
Papier peint à décor chinois d’oiseaux perchés sur des pommiers en fleurs
Pâte à papier (mûrier, bambon), Chine, 18e siècle
(Ensemble : suite de quatre panneaux à décor chinois d’oiseaux)
Ces papiers peints proviennent de Canton où des ateliers spécialisés les fabriquent, sans doute en petite série, à l’intention de l’Europe (…) Si les Chinois peignent aussi à leur propre usage, ils utilisent comme décoration un rouleau unique, suspendu devant le mur. Pour l’Europe, ils choisissent dans la production académique traditionnelle certains thèmes précis, traités de façon panoramique sur un ensemble de rouleaux, que leurs clients européens collent l’un après l’autre sur le mur.
Affichette de vente
Imprimé, France, 1767
Chargement des vaisseaux le Comte d’Artois, le Berryer, le Duc de Duras & le Penthièvre
La vente des marchandises importées par la Compagnie des Indes a d’abord lieu à Nantes, puis, à partir de 1734 à Lorient dans l’amphithéâtre de l’hôtel des ventes dessiné par l’architecte du roi, Jacques V Gabriel.
Les ventes aux enchères ont lieu à l’automne, après le retour des vaisseaux. Des catalogues imprimés présentant les différents lots et leurs compositions, sont adressés aux acheteurs potentiels, négociants et boutiquiers, qui viennent majoritairement de Paris, Genève et Nantes, mais aussi de Bordeaux, Rouen, Grenoble, Le Havre, la Rochelle, Agen,... sans oublier Vannes et Lorient.
Pierre Sonnerat - Jean-Baptiste Marie Poisson
Procédé de gravure en creux, France, 1782
Canton s'ouvre au commerce étranger au début du 18è siècle. A cette époque, c'est une très vaste cité, entourée de murailles délimitant une "ville tartare" et une "ville chinoise", peuplée de près d'un million d'habitants (presque autant que Paris et Londres réunies). La ville de Canton étant situées sur la rivière des perles, son front de mer s'étend sur plus de 2 kilomètres; des faubourgs prolifèrent à l'est, au sud (île de Honam) et à l'ouest.
La ville est fermée aux étrangers, auxquels est réservé un quartier périphérique au sud-ouest. Cet espace s'étend sur un quai long d'environ 400 mètres et comprend les habitations et entrepôts à marchandises, au nombre de treize, chinois et européens confondus. Ces complexes architecturaux, qui comprennent bureaux, logements et hangars à marchandises sont les factoreries ("factories" en anglais) ou hongs.
Devant chaque factoreries , un haut mât supporte le pavillon national. Le long des quais stationnent de nombreux sampans, attendant leur cargaison.
Chine, 18e siècle
Soie, gouache
La majeure partie de la soie importée de Chine est une soie moulinée, non teinte et non travaillée. Elle n'intéresse que les manufactures, seules capables de les façonner. Pourtant, la soie présente dans les cales des vaisseaux arrive parfois sous forme d'étoffes prêtes à l'emploi. Parmi elles, figurent les pékins peints qui servent dans l'ameublement et pour la confection de vêtements, notamment de robes.