Mardi 21 mars - 18h30
L’Inde et ses intrus : Grands Moghols et Portugais dans la première moitié du XVIe siècle
Philippe Hroděj, Maître de conférences en histoire à l’université de Bretagne-Sud (Lorient), spécialiste de l’histoire du commerce colonial et des flibustiers à l’époque moderne.
L’Inde a déjà connu plusieurs invasions turco-afghanes de par le passé mais aucune n’aura l’importance de celle menée par Babur, presque à contrecœur. Le dernier des Tîmûrides bâtit un empire à la fin de sa vie qui n’aurait pu être qu’éphémère mais qui résistera finalement au temps. Tandis que se déroule cette invasion terrestre, une autre intervention, à l’allure sans doute plus modeste mais ô combien décisive également se profile depuis la mer. Les Portugais de Vasco de Gama n’ont guère impressionné les Indiens lors de l’ouverture de la route des Épices, et pourtant, la multiplication des factories, la politique d’Alfonso d’Albuquerque, vont considérablement modifier la donne dans l’océan Indien.
Mardi 18 avril 2017 - 18h30
Le voyage aux Indes, Porcelaines chinoises pour des familles suisses, 1740-1780
Conférence animée par Vincent LIEBER, Conservateur du musée Historique-Château de Nyon (Suisse)
Les compagnies des Indes, anglaises, hollandaises ou françaises, rapportent en Europe nombre de porcelaines de Chine. Si l'on connaît plus de 4000 services armoriés pour le Royaume-Uni et quelque 300 services avec armoiries pour la France, le fait que des services avec armes aient été commandés pour la Suisse a été quasiment ignoré jusque récemment.
Pourtant, quelques familles suisses en commandent en Chine. Ces familles font soit partie de la banque protestante suisse, et sont souvent d'origine française assez récente, soit elles appartiennent au patriciat suisse catholique au Service de France.
Quelque 12 services viennent d'être retrouvés et sont présentés lors de cette conférence.
Commémoration de l’abolition de la traite et de l’esclavage et présentation du vaisseau négrier L'Aurore
Mardi 16 mai
Dans le cadre de la 12e Journée nationale des Mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, le musée invite à découvrir la maquette du navire négrier L'Aurore que l'association Les Anneaux de la Mémoire met en dépôt au musée de la Compagnie des Indes.
Présentée pour la première fois au château des ducs de Bretagne à Nantes en 1992, cette maquette permet de mieux comprendre les conditions de la traite négrière : elle représente les différents ponts du navire et l'entassement des captifs à bord.
Une délégation des Anneaux de la Mémoire et Jean-Marc Masseaut, vice-président des Anneaux de la Mémoire et directeur de rédaction des Cahiers des Anneaux de la Mémoire, présentent la maquette.
Mardi 30 mai 2017 - 18h30 - Espace Courbet - Lorient
Chittagong, l'emporium oublié du Golfe du Bengale
Conférence de Samuel Berthet
Dans les récits des voyageurs arabes du Moyen-Orient et plus tard dans ceux des Européens, Chittagong (Bangladesh) est présenté comme un port majeur des échanges commerciaux dans l’océan Indien. Emporium depuis l’époque médiévale jusqu’au XVIIe siècle, ses frontières contemporaines l’ont poussé vers les marges.
A la fin du XVIIIe siècle, Chittagong est vu comme la base d’une possible contre-attaque face à l’expansion anglaise, notamment du fait de sa position géographique proche de l’embouchure du delta du Bengale.
Cette région disputée se trouve à la croisée de plusieurs aires culturelles et politiques (bengali, arakanais, moghol, royaume de Tripura…). Son rôle est pourtant rarement mentionné dans les études historiques contemporaines, ce qui nous prive d’un élément majeur de compréhension des échanges, et notamment de la route maritime de la Soie.
C’est aussi l’histoire d’une région qui a développé des caractères spécifiques qui se retrouvent dans sa langue et ses techniques de construction navale. Les appellations multiples données par l’histoire à Chittagong sont l’expression d’une identité plurielle.
Mardi 26 septembre - 18h30
L'Espérance - Un naufrage en douceur
Jean-Yves Le Lan, retraité du ministère de la Défense et Philippe Bodénès, président de la Société d'archéologie et de mémoire maritime (SAMM)
Le navire de la Compagnie des Indes l'Espérance est construit en 1747 au Pellerin, suivant un marché passé au sieur Arnoux. Il quitte Paimboeuf pour Lorient le 28 février 1748 où il est armé pour le Bengale. Il part de Lorient le 27 juillet 1748 et atteint Chandernagor le 11 avril de l'année suivante. Il subit des réparations et, neuf mois après, descend le Gange en chargeant des marchandises, puis retourne en France.
Alors qu'il se trouve dans le sud du canal du Mozambique, au sud de Madagascar, une importante voie d'eau se déclare. L'Espérance fait demi-tour pour réparer à l'île de France, d'où il repart le 12 novembre 1750.
Arrivé au large des côtes de Bretagne, il mouille dans un coup de vent au sud de l'archipel des Glénan. Il perd ses ancres et doit rentrer par la passe sud-est de la chambre des Glénan où il s'échoue et prend l'eau le 23 mars 1751. Une opération de récupération des marchandises est organisée. Elle se déroule jusqu'au mois de juillet, avec une partie de l'équipage.
Plus de deux siècles plus tard, l'épave ayant été oubliée, une recherche sur le site est réalisée par la Société d'Archéologie et de Mémoire Maritime (SAMM). En 2014, la SAMM découvre les ancres du navire. En 2016 et 2017, avec l'accord du DRASSM, des opérations de recherche de l'épave par magnétométrie sont réalisées. La conférence relate à la fois l'aspect historique et les recherches archéologiques sous-marines.
Mardi 24 octobre 2017 - 18h30
Les Orients à l'origine de notre petit-déjeuner
Christian Grataloup, professeur émérite à l'université Paris Diderot
Au XVIIIe siècle apparaît un nouveau repas. Le premier repas de la journée s'organise autour de boissons d'origine tropicale (thé, café ou chocolat), avec un important usage du sucre venu des " Suds " lointains. D'abord réservé aux catégories les plus aisées, il se diffuse rapidement socialement et géographiquement. Ce repas n'aurait pu exister sans la maîtrise des routes maritimes et des productions lointaines, dont les compagnies des Indes ont été des acteurs essentiels.
L'histoire du petit-déjeuner, c'est aussi une histoire de porcelaine, de nouveaux objets d'arts ménagers, d'imbrication avec d'autres innovations... C'est une histoire simultanément de grand large et de vie très quotidienne.
Mardi 28 novembre - 18h30
Les émaux de Canton, une symphonie de couleurs. Regard sur quelques nouveautés dans les collections du musée de la Compagnie des Indes.
Brigitte Nicolas, Conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée de la Compagnie des Indes
A la fin du 17e siècle, les pères jésuites venus évangéliser la Chine, offrent des émaux européens à l’empereur Kangxi. Ces objets fascinent le souverain. Les ateliers du palais impérial à Pékin deviennent alors le théâtre de recherches dans le domaine de l'émail, qu'il s'agisse de son application à la porcelaine ou au cuivre.
Bientôt sont inventés les émaux de Canton au charme multicolore. Moins nombreux, moins connus, que les porcelaines de commande chinoise de la famille rose, les émaux de Canton sont également nés de la rencontre entre l'Occident et l'Orient. Ils ont pris, comme elles, le chemin de l'Europe grâce aux vaisseaux des Compagnies des Indes.