Conférence 2025


Avec les premiers Français autour du monde : le voyage historique d’un navire breton sous Louis XIV

Jeudi 27 février 2025 - 18h30 - Plateau des Quatre Vents, Lorient
Entrée libre, dans la limite des places disponibles 

Patrice Decencière - Rédacteur en chef de la revue Neptunia 

Bien avant Bougainville, le Grand Dauphin, navire de Saint-Malo, accomplit la première circumnavigation française sous Louis XIV. Longtemps méconnue, cette aventure a été révélée grâce à des documents récemment retrouvés, dont un journal de bord et un récit manuscrit. L’expédition, bien plus qu’un exploit maritime, visait à ouvrir de nouvelles routes commerciales. Le retour du navire, chargé de marchandises interdites, suscita une vive agitation, illustrée par des échanges épistolaires entre ministres. Le succès financier de cette première mission mena à une seconde, également couronnée de succès.

Sur le plan nautique, le Grand Dauphin fit preuve d’une remarquable performance, naviguant avec des instruments rudimentaires à travers les mers hostiles. Ce périple illustre l’audace des marins bretons et la qualité des constructions navales malouines, marquant un jalon dans l’histoire maritime française.

Raconter et collectionner les Indes : du XIIIe au XXe siècle

Jeudi 27 mars 2025 - 18h30 - Plateau des Quatre Vents, Lorient
Entrée libre, dans la limite des places disponibles 

Samuel Berthet - Docteur en Histoire - Directeur d'école internationale supérieure

La collecte d’information est un préalable au voyage : elle guide son déroulement et nourrit son récit. Cette quête de savoir s’étend également au commerce, motivation première du voyage à travers l’histoire, et à la constitution de collections. Ces objets issus du commerce et des collections deviennent à leur tour des témoins et des sources d’informations.

Cette conférence propose un panorama des récits en langue française dédiés au sous-continent indien, enrichi par les portraits de voyageurs qui, en véritables collectionneurs, ont cherché à documenter et préserver les richesses culturelles de leurs périples. Elle met également en lumière les efforts récents de numérisation d’archives et de collections, réalisés au cours des deux dernières décennies, et accorder une attention particulière à l’initiative « Patrimoines Partagés France-Asie du Sud », pilotée par la Bibliothèque Nationale de France, qui a été officiellement dévoilée en 2024.

Jade des hommes, jade des Dieux

Jeudi 22 mai 2025 - 18h30 - Plateau des Quatre Vents, Lorient
Entrée libre, dans la limite des places disponibles 

Laurent Schroeder - Expert et conférencier

Lié à l’homme depuis la Préhistoire, le jade fascine et envoûte. Que ce soit en Chine, au Japon, au Vietnam, en Europe ou dans l’Amérique précolombienne, cette pierre accompagne le quotidien de l’élite civile et religieuse, tout autant que celui de tout un chacun. Est-ce dû à sa couleur verte, associée à la nature et à la magie ? À son extraordinaire ténacité, qui en a fait le matériau privilégié des outils préhistoriques ? Ou simplement à sa beauté intrinsèque ? Minéralogiquement complexe, ses couleurs, parmi les plus variées, offrent de nombreuses possibilités d’usages. Extrêmement difficile à travailler, il impose le respect de tous les lapidaires.

Les Routes de la Soie étaient, du point de vue de la Chine, des routes du jade. Confucius lui-même l’associait à la plus haute vertu. Les aztèques, quant à eux, le considéraient comme plus précieux que l’or. Aujourd’hui, ce sont les Chinois qui lui accordent le plus d’attention ; sa valeur, tant comme objet que comme bijou, peut atteindre des sommets insoupçonnés.

 

Une passion chinoise - La collection de monsieur Thiers

Jeudi 25 septembre 2025 - 18h30 - Plateau des Quatre Vents, Lorient
Entrée libre, dans la limite des places disponibles 

Jean-Baptiste Clais- Conservateur en chef, département des Objets d'art, musée du Louvre

Il est un fait relativement méconnu : l’art chinois est bien présent au Louvre. Le département des Objets d’art conserve en effet plus de 600 oeuvres d’origine chinoise, principalement issues des collections d’Adolphe Thiers et d’Adèle de Rothschild et des collections royales. Parmi elles se trouvent de véritables trésors. De récents travaux ont mis en lumière celles de la collection Thiers, journaliste, historien, figure politique majeure du 19e siècle (député, ministre, président du conseil et, enfin président de la République française). 

Cette conférence présentera l’exposition « Une passion chinoise – La collection de monsieur Thiers » tenue au Louvre cette année. Elle insiste sur le caractère précurseur de Thiers dans la collection d’art chinois au 19e siècle. Sa passion pour la Chine commence vers 1811 et il constitue sa collection pour l’essentiel entre 1827 et 1860. Thiers possédait notamment une collection de référence de porcelaines d’exportation chinoise du 18e siècle.

 

À dragons d’or et ramages dorés - Le commerce des laques de Chine par les compagnies des Indes, la collection du musée éponyme (MCI)

Jeudi 13 novembre 2025 - 18h30 - Plateau des Quatre Vents, Lorient
Entrée libre, dans la limite des places disponibles 

Brigitte Nicolas - Conservatrice en chef du patrimoine, directrice du musée de la Compagnie des Indes

C’est avec le vaisseau l’Amphitrite, revenu à Lorient en août 1700, que parviennent les premiers objets chinois laqués, dénommés vernis, directement importés par les Français. Pendant un siècle, ces objets, réalisés en Chine à l’intention des Européens, arrivent par le port de la Compagnie des Indes, à Lorient. En s’appuyant sur les archives des compagnies de commerce, le MCI a enrichi ses collections d’un échantillonnage de laques de commande chinoises : cabinet, paravents, bureau, fauteuil, coiffeuse. Importés en quantité modeste en raison de leur encombrement, ces meubles contrastent avec les nombreuses boîtes, coffrets et plateaux transportés dans les cales des navires. 

Réalisés à l’intention des Européens, ces objets répondent à leurs attentes en termes de formes et d’usages, tout en conservant des caractéristiques purement chinoises. Hybrides, ils sont nés de la rencontre commerciale et artistique de la Chine avec l’Europe. Ils témoignent également du goût pour la Chine qui s’empare de la France au second tiers du 17e siècle et que l’action des compagnies des Indes permet de démocratiser.

 

La sphère armillaire mouvante de Jérôme Martinot (1701-1718) : le goût aristocratique pour les machines astronomiques

Jeudi 11 décembre 2025 - 18h30 - Plateau des Quatre Vents, Lorient
Entrée libre, dans la limite des places disponibles 

Catherine Hofmann - Conservatrice générale des bibliothèques

Les sphères armillaires matérialisent par une combinaison d’anneaux ou armilles la structure imaginaire que les astronomes ont projetée sur le ciel, de l’Antiquité aux Lumières, pour le rendre compréhensible. Elles ont servi de modèles de l’univers et permis d’illustrer différentes théories cosmologiques, du géocentrisme de Ptolémée à l’héliocentrisme de Copernic.

Tout comme les globes, elles sont devenues des objets de prestige et un symbole de pouvoir, de connaissance et d’universalité. Devenues mouvantes grâce à des mécanismes d’horlogerie, à l’instar de celle conçue par Jérôme Martinot, elles rencontrent en France au XVIIIe siècle un vif succès et concourent à l’enthousiasme des élites pour les sciences.

 

© 2018 - site officiel du Musée de la Compagnie des Indes de Lorient

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