Exposition des 30 ans du musée, du 29 juin – 15 décembre 2014
Trente années après l'ouverture des premières salles du musée de la Compagnie des Indes au sein de la Citadelle de Port-Louis et 350 ans après la création de la première Compagnie des Indes française à charte, dite de Colbert, le musée célèbre ces deux anniversaires par une exposition qui met en valeur objets des collections et recherches scientifiques.
30 oeuvres majeures, 30 oeuvres récemment entrées dans les collections, 30 restaurations et 30 donations sont à l'honneur pour illustrer le chemin accompli depuis l'ouverture du musée. Ces trésors révéleront leurs secrets dans une scénographie renouvelée et sont autant de prétextes à dévoiler les coulisses d'un musée.
Oeuvres historiques, nouvelles acquisitions, restaurations et donations sont à l'honneur dans une scénographie célébrant les 30 ans du musée. Les oeuvres historiques sont mises en lumière au fil du parcours permanent. Les objets récemment acquis sont réunis pour créer le coeur de l'exposition temporaire, accompagnés de la plupart des restaurations et donations.
Maquettes, porcelaines,objets de la vie à bord, textiles,objets d'art décoratifs,tableaux et estampes sont les faire-valoir du travail accompli dans le musée depuis trente ans. Ces pièces illustrent évidemment l'histoire de la Compagnie des Indes qui se trouve ainsi célébrée en filigrane.
Des tablettes numériques proposent au visiteur différents contenus permettant une approche multiple des oeuvres. Historiens et spécialistes donnent des clés de compréhension afin de mieux appréhender le contexte historique des oeuvres. Films et diaporamas dévoilent les techniques et opérations de restauration. Conservateurs et donateurs apportent un éclairage sur l'intégration d'un objet dans les collections et sa vie au sein du musée.
A travers cet éventail, le visiteur découvre la vie d'un musée faite d'achats, de donations, de conservation préventive et de restaurations, de mouvements d'oeuvres pour les expositions, de recherches et de partenariats scientifiques qui font du musée de la Compagnie des Indes une institution vivante, en perpétuel mouvement et renouvellement.
Le musée des Beaux-Arts ayant été détruit pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, la Ville de Lorient choisit d'évoquer, dès les années1950, un "supposé" âge d'or en projetant la création ex-nihilo du musée de la Compagnie des Indes.
Les premières oeuvres sont rassemblées à partir des années 1960 sous l'égide du comité des fêtes du Tricentenaire de la Ville de Lorient avec pour objectif l'organisation de l'exposition Lorient et la Mer en 1966. A l'issue de cet événement, 33 pièces sont offertes à la collectivité. Elles composent le noyau originel de la collection du musée.
En 1980, la municipalité lorientaise décide l'installation de son musée dédié à l'histoire des Compagnies des Indes au sein de la citadelle de Port-Louis. La collection se constitue à partir d'achats d'oeuvres (l'armure du samouraï), de nombreux dépôts en provenance de différents musées nationaux (dont 236 de l'actuel musée du quai Branly alors musée des arts africains et océaniens)et de créations d'artefacts(16 maquettes et dioramas réalisés entre 1976 et 1989).
Ces objets sont présentés dans 8 salles, ouvertes au public en juillet 1984.
En 1967, l'association des amis du musée de Lorient succède au comité des fêtes du Tricentenaire.
Entre 1984 et 2003, l'enrichissement des collections repose essentiellement sur les donations de cette association désormais Société des amis du musée de la Compagnie des Indes. Ce sont au total 138 oeuvres qui intègrent le musée, principalement des porcelaines de la Compagnie des Indes (aiguière bleu et blanc en 1997), auxquelles s'ajoutent les objets évoquant la navigation ou l'activité des comptoirs.
Si la société des amis du musée reste le principal donateur, d'autres viennent apporter leur contribution à l'enrichissement des collections. Ainsi l'Association des Spécialistes des Arts Asiatiques a permis l'acquisition d'une oeuvre exceptionnelle en 2012 à la suite d'un don numéraire : l'assiette aux armes de Louis XV.
Depuis 2003, 13 pièces ont été données au musée.
À partir du milieu des années 2000, la Ville de Lorient, souhaitant donner une nouvelle impulsion à son musée, inscrit de nouveaux crédits dédiés à l'enrichissement des collections. Cette implication entraîne un véritable effet levier sur la politique d'acquisition du musée.
Le déficit d'oeuvres, voire leur quasi absence dans certains domaines comme le textile indien et chinois (tenture, mousseline,robe d'indienne...), les objets d'exportation chinois (éventails, objets en laque...) ou encore les représentations iconographiques réalisées dans toute l'Asie pour les Européens, est alors comblé.
En 10 ans, la Ville de Lorient achète 94 objets parmi lesquels trois coffrets indo-portugais, trois éventails chinois et 26 pièces illustrant la thématique des importations de textiles indiens, principales marchandises transportées sur les vaisseaux de la Compagnie des Indes.
Souhaitant apporter son concours à cette démarche volontariste, l'État et la Région ont soutenu cette action par le biais du Fram (fonds régional d'acquisition pour les musées).
La bonne conservation des collections est l'une des missions fondamentales des Musées de France. Elle consiste à réaliser des opérations simples de conservation préventive (nettoyages ,micro-aspirations effectués par le musée) ou de restauration lorsque les oeuvres, dont l'âge avoisine parfois les trois siècles, le nécessitent.
Ces restaurations sont financées par la Ville de Lorient, soutenue par le FRAR (le fonds régional d'aide à la restauration, financement croisé État/Région). Films et diaporamas présentent certaines opérations de restauration menées par des professionnels sur des porcelaines, des textiles ou encore des huiles sur toile.
Le musée fait appel à des restaurateurs agréés parle service des Musées de France, spécialistes du textile, des arts graphiques, de la porcelaine, etc., pour nettoyer, consolider, procéder à des opérations de mannequinage(costumes) ou de soclage (éventail, masque,pistolet).
Lorsque c'est nécessaire, les oeuvres sont restaurées suite à leur acquisition. Elles retrouvent leur intégrité physique et sont exposées au public ou conservées en réserves dans les meilleures conditions