5 œuvres du Musée sont exposées en Chine, à Canton jusqu'au 17 mai 2026!
Dans le cadre d’une exposition intitulée “A Shared Cultural Treasure: Canton-made Export Lacquerware in the Qing Dynasty” (Un Trésor Culturel Partagé: laques cantonnais de la Dynastie Qing exportés) le Musée Guandong de Canton a sollicité le prêt de cinq pièces en laque du Musée de la Compagnie des Indes:
C’est un projet inédit: ces œuvres importées directement de Canton durant l’époque de la Compagnie des Indes y retournent pour la première fois en près de 300 ans.
Depuis plusieurs mois, l’équipe du Musée s’est afffairée à préparer le départ de ces pièces dont il a fallut prendre le plus grand soin.
Le mercredi 19 novembre, notre régisseur, Stéphane Cariou, les a accompagnées pour s’assurer du bon déroulé de leur déballage et de leur mise en place.
L’exposition se tient du 27 novembre 2025 au 17 mai 2026. Brigitte Nicolas, conservatrice en chef du patrimoine et directrice du Musée, était présente au Vernissage et a animé une conférence sur les laques à cette occasion.
Pour aller plus loin:
Découvrez un mini-reportage sur le Paravent aux Immortels réalisé par France 3 en cliquant ici.
Fin 15ème siècle, dynastie Qing, règne de Kangxi (1664-1772)
Technique kuan cai laque coupé et coloré (gravé, peint et doré), bois, laque polychrome
270 x 576 cm
Ce paravent de 12 feuilles présente un décor dédié au Paradis des Immortels, le paradis taoïste, qui trouve son origine dans d'anciennes légendes populaires de la période Ming (1368-1644). Ce paradis, situé dans les montagnes de Kunlun en Asie Mineure, abrite les îles merveilleuses et flottantes de la mer de l'Est où vivent les immortels en compagnie des grues et des daims. La reine mère de l'Ouest, Xiwangmu, y cultie et garde le pêcher qui produit des pêches d'immortalité tous les 3000 ans. A cette occasion elle invite tous les immortels pour un grand festin. C'est leur arrivée qui est représentée sur ce paravent.
La dimension encombrante de ces grands paravents en a limité l'importation à quelques exemplaires, ce qui en fait des objets rares, d'autant que beaucoup ont été découpés ou démontés afin de leur donner une autre vie (ex: coffres).
Fin 18ème, vers 1780?
Chine
Ebénisterie, technique de la laque en relief, peinte et dorée
Bois conifèren laque noire et dorée, quincaillerie en altion, miroir au mercure
160 x 75 x 45 cm
Ce bureau de pente, dont seul le laque et l'iconographie indiquent une origine chinoise, est typique des bureaux, meubles et commodes commandées en Chine par les Européens.
Parmi les bureau en laque de Chine les plus célèbres, on compte celui de Madame de Sévigné, actuellement conservé au Musée Carnavalet.
C'est avec le vaisseau de l'Amphitrite, revenu à Port-Louis en août 1700, qu'arrivent les premiers meubles chinois laqués, dénommés vernis, directement importés par les français.
Ce modèle précis, daté bien postérieurement au retour du vaisseau de l'amphitrite montre la persistance du goût des européens pour la chinoiserie.
Troisième quart du 18ème siècle, dynastie Qing, règne de Qianlong (1735-1796)
Porcelaine cuite au grand feu, émaux polychromes sur la glaçure
59 x 87 cm (plateau)
Les cabarets sont des sortesde tables, avec ou sans pieds, sur lesquelles étaient présentées le thé, le café et autres boissons chaudes. Les plus beaux cabarets étaient importés de Chine et du Japon par le biais des Compagnies des Indes Orientales.
Ce cabaret précis est complété de 19 pièces de porcelaine : 12 tasses et sous tasses, une théière, un pot à lait, un sucrier, un pot à biscuits, un ramequin dénommé patipan et une assiette à gateaux. Le tout, plateau en laque noir et doré compris, compose ce qu'on appelait au 18ème un "Cabaret de Vernis".
Les cabarets les plus luxueux étaient ceux armoriés pour leur propriétaire, ayant fait l'objet d'une commande. C'est le cas de celui-ci.
Fin 17ème siècle, dynastie Qing, règne de Kangxi (1664-1722), encadrement postérieur (19ème?)
Sud de la Chine?
Laque polychrome, technique d'ébénisterie, laque gravée, peinte et dorée
148 x 196 cm
Ce paravent lacunaire (probablement composé de 6 ou 8 feuilles à l'origine) représente une scène de chasse qui se lit de droite à gauche. Les caractéristiques physiques et vestimentaires des personnages représentés correspondent aux conventions de représentation des Hollandais par les Chinois au tournant du 17ème siècle. Ce type de représentation est connu mais pas courant. En effet, si beaucoup de paravents de la côte de Coromandel à iconographie chinoise ont été réalisés pour les européens, rare sont ceux qui les représentent.
Bien qu'incomplet, ce paravent constitue un objet rare illustrant la rencontre entre Européens et Asiatiques au 17ème siècle, permise grâce aux Compagnies des Indes.
Dynastie Qing (1644-1911), vers 1750?
Chine
Laque dorée, bois (conifère?), laque or et rouge
Cette grande boîte de forme rectangulaire renferme 17 petites boîtes aux formes variées, le tout en laque dorée.
Certaines boîtes ont la forme d'une gourde, d'autres sont en forme d'osselets, certaines sont des parallélépipèdes aux angles coupés en courbe. Certaines ont des formes de médaillon. L'une d'entre elle est un simple parallélépipède allongé.
Chacune des faces de la boîte principale est ornée d'un cartouche aux formes chantournées dans lequel prend place un paysage lacustre chinois. L'extérieur du cartouche est, quant à lui, orné d'un motif répétitif de fleurs et ce qui semble être une coquille de rocaille. Ces éléments iconographiques favorisent une datation de la première moitié du 18ème siècle.
L'usage de cette boîte n'est pas connu avec certitude. Sa forme et sa composition évoque certains nécessaires de toilette mais il manque des éléments pour la classer dans cette catégorie. Il pourrait s'agir de ce qu'on appelle une "boîte de travail", que les européens faisaient réaliser en Chine : des boîtes à couture, boîtes de peinture, etc.
De Lorient vers Pékin : "Le Château de Versailles et la Cité interdite : les échanges entre la France et la Chine au XVIIIe siècle"
Six oeuvres du musée ont été selectionnées pour être présentées au Musée du Palais, à Pékin en Chine, lors de cette exposition temporaire. Cet événement est le fruit d’une collaboration entre le musée de la Compagnie des Indes de Lorient, l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles et le musée du Palais de Pékin.
Gravures, porcelaines et autres pièces, témoins d’une histoire riche en échanges commerciaux et culturels entre Lorient et la Chine au XVIIIe siècle, seront exposées au Musée de Pékin du 1er avril au 30 juin 2024, offrant ainsi aux visiteurs chinois l’opportunité de découvrir l’héritage de nos relations.
Assiette à bord contourné aux armoiries de Philibert Orry (1689-1747)
Porcelaine, Chine, entre 1740 et 1745
Acquis avec l'aide du FRAM
Philibert Orry (1689-1747) est nommé contrôleur général des finances par Louis XV en 1730, puis ministre d'Etat en 1735. il est l'auteur de la réforme de la Compagnie des Indes en 1732.
Sur les 300 services armoriés français, près de la moitié a été commandée par des familles bretonnes. Il ne s'agit pas du fruit du hasard mais bien de la conséquence des liens étroits qui se tissent au 18è siècle entre la noblesse bretonne et le monde des grands négociants, du commerce maritime et de la Compagnie des Indes en particulier.
La mode des services armoriés en porcelaine de Chine en France s'éteint avec la disparition de la dernière Compagnie des Indes, la Compagnie de Calonne qui perd ses privilèges dans la nuit du 4 août 1789.
La Révolution décrète l'abolition des armoiries.
Assiette aux armoiries de l’abbé Terray
Porcelaine, Chine, vers 1765
Joseph Marie Terray (1715-1778), conseiller clerc au parlement de Paris en 1736, puis contrôleur général des finances de 1768 à 1774, est également syndic de la Compagnie des Indes.
Cette assiette fait partie d’un service de porcelaine de Chine commandé vers 1765. Personnage clé de la fin de la Compagnie des Indes, l’Abbé Terray était également amateur d’art et collectionneur et appréciait la porcelaine chinoise. Il s’en fit procurer à plusieurs reprises parmi celles acheminées au port de Lorient, comme en témoignent les demandes des directeurs de la Compagnie des Indes à Paris stipulant de lui faire parvenir des porcelaines en bleu de Chine
Papier peint à décor chinois d’oiseaux perchés sur des pommiers en fleurs
Pâte à papier (mûrier, bambon), Chine, 18e siècle
(Ensemble : suite de quatre panneaux à décor chinois d’oiseaux)
Ces papiers peints proviennent de Canton où des ateliers spécialisés les fabriquent, sans doute en petite série, à l’intention de l’Europe (…) Si les Chinois peignent aussi à leur propre usage, ils utilisent comme décoration un rouleau unique, suspendu devant le mur. Pour l’Europe, ils choisissent dans la production académique traditionnelle certains thèmes précis, traités de façon panoramique sur un ensemble de rouleaux, que leurs clients européens collent l’un après l’autre sur le mur.
Affichette de vente
Imprimé, France, 1767
Chargement des vaisseaux le Comte d’Artois, le Berryer, le Duc de Duras & le Penthièvre
La vente des marchandises importées par la Compagnie des Indes a d’abord lieu à Nantes, puis, à partir de 1734 à Lorient dans l’amphithéâtre de l’hôtel des ventes dessiné par l’architecte du roi, Jacques V Gabriel.
Les ventes aux enchères ont lieu à l’automne, après le retour des vaisseaux. Des catalogues imprimés présentant les différents lots et leurs compositions, sont adressés aux acheteurs potentiels, négociants et boutiquiers, qui viennent majoritairement de Paris, Genève et Nantes, mais aussi de Bordeaux, Rouen, Grenoble, Le Havre, la Rochelle, Agen,... sans oublier Vannes et Lorient.
Pierre Sonnerat - Jean-Baptiste Marie Poisson
Procédé de gravure en creux, France, 1782
Canton s'ouvre au commerce étranger au début du 18è siècle. A cette époque, c'est une très vaste cité, entourée de murailles délimitant une "ville tartare" et une "ville chinoise", peuplée de près d'un million d'habitants (presque autant que Paris et Londres réunies). La ville de Canton étant situées sur la rivière des perles, son front de mer s'étend sur plus de 2 kilomètres; des faubourgs prolifèrent à l'est, au sud (île de Honam) et à l'ouest.
La ville est fermée aux étrangers, auxquels est réservé un quartier périphérique au sud-ouest. Cet espace s'étend sur un quai long d'environ 400 mètres et comprend les habitations et entrepôts à marchandises, au nombre de treize, chinois et européens confondus. Ces complexes architecturaux, qui comprennent bureaux, logements et hangars à marchandises sont les factoreries ("factories" en anglais) ou hongs.
Devant chaque factoreries , un haut mât supporte le pavillon national. Le long des quais stationnent de nombreux sampans, attendant leur cargaison.
Chine, 18e siècle
Soie, gouache
La majeure partie de la soie importée de Chine est une soie moulinée, non teinte et non travaillée. Elle n'intéresse que les manufactures, seules capables de les façonner. Pourtant, la soie présente dans les cales des vaisseaux arrive parfois sous forme d'étoffes prêtes à l'emploi. Parmi elles, figurent les pékins peints qui servent dans l'ameublement et pour la confection de vêtements, notamment de robes.