Verseuses


Verseuses

Chine, ateliers de Jingdezhen, vers 1750. Porcelaine, émaux polychromes sur couverte. H. 21,5 et 18 cm. Inv. 2011.18.1 et 2011.18.2.

En 1715, quelques pieds de café en provenance de Moka, au Yémen, sont introduits sur l’île Bourbon, dans l’archipel des Mascareignes. La Compagnie des Indes encourage les colons à développer cette culture. 580 plantations sont recensées en 1750, dans lesquelles sont exploités des esclaves. Ainsi, la Compagnie des Indes participe activement à la déportation d’africains originaires de Madagascar dès 1685, du Sénégal de 1702 à 1767, de la côte orientale de l'Afrique, à partir de 1754 et d’Inde afin qu’ils soient exploités comme esclaves dans les différentes plantations. Sous la direction du gouverneur Boucher, une première récolte génère 3 400 livres en 1724. A partir des années 1740, la culture du café rapporte annuellement entre 2 et 2,5 millions de livres.

Le développement de la culture du café permet à la compagnie française de rentabiliser cette escale sur la route des Indes. Les vaisseaux apportent denrées et matériels pour les colons tandis qu’au retour, vers le royaume, ils sont chargés de café.

A partir de 1731, l’île Bourbon fournit l’intégralité de la consommation française, ce qui évite les importations plus coûteuses du Yémen et du royaume ottoman. Importé en qualité de produit médicinal, le café devient en France un breuvage à la mode dans le courant du 17e siècle. Sa consommation engendre la création d’ustensiles destinés à sa préparation et sa dégustation, comme les moulins et les services à café. Ces derniers trouvent une heureuse traduction dans la porcelaine chinoise. Cafetières, sucriers, pots à lait, compotiers et leur bol, gobelets et soucoupes forment un service complet à l’image de celui que la duchesse de Caumont reçoit par le vaisseau Villenault. La Compagnie des Indes les vend assortis d’un petit plateau de laque. L’ensemble est alors dénommé « cabarets de verny ». Dans les années 1760, seuls 150 à 250 services à café complets sont mis en vente annuellement à Lorient pour environ 750 à 1250 cabarets de vernis.

Ces deux cafetières sont de forme européenne. L’une d’elles est ornée d’une scène représentant trois lettrés, sujet traditionnel cher au confucianisme. Le décor végétal de la seconde verseuse réalisé sur fond de motif « œil de perdrix » est un exemple de la maîtrise de l’usage des émaux vitrifiables atteinte sous le règne de Qianlong.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

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