Théière en émail de Canton


8/05/2020 - Théière en émail de Canton

Chine, ateliers de Canton, dynastie Qing, règne de Qianlong (1736-1795). Cuivre émaillé en blanc à décor polychrome. Sous la base, marque de six caractères chinois. H. 17,5 cm, L. 12,5 cm, l. 8,5 cm. Inv. 2016.3.1.

L'arrivée à Pékin en 1719 de l'émailleur français Jean-Baptiste Gravereau amène les ateliers impériaux, sur demande de l'empereur Kangxi, à travailler sur un nouvel émail rose. Inventé vers 1650 par Andréas Cassius en Hollande, il permet, associé à d'autres couleurs vitrifiables, de disposer de toute la palette de l'arc en ciel. Il en résulte la création de pièces en cuivre émaillé dénommées yang-ci, signifiant porcelaines étrangères en raison de l'influence des émaux et des artistes européens impliqués dans le processus de leur invention.

Ces émaux, dénommés en Europe, émaux de Canton, ont permis de créer des objets dont les formes, l'iconographie et les coloris sont très similaires aux porcelaines de commande de la « famille rose », dont l'invention relève des mêmes découvertes en matière d'émaux vitrifiables. La monnaie courante de la Chine étant faite de cuivre, les restrictions commerciales en matière d'exportation limitent le commerce des émaux de Canton. C'est surtout au titre des commandes privées, relayées par les subrécargues et les hommes d'équipage des compagnies des Indes, qu'ils ont été importés en Europe. Quelques pièces armoriées en apportent également le témoignage.

L'intérêt de cette théière réside dans la présence, sous la base, de six idéogrammes chinois : Da Qing Qianlong nian zhi, signifiant réalisé pendant le règne de Qianlong. Les émaux d'exportation portent parfois des marques au revers mais cela reste rare. Il s'agit souvent des caractères Shang Xin qui signifient pour appréciation. Les idéogrammes indiquant une date sont encore plus rares.

© B. Nicolas, F. Georges, Musée de la Compagnie des Indes


 

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