Soucoupe et bol Ambassade hollandaise


Soucoupe et bol Ambassade hollandaise

Chine, ateliers de Jingdezhen, règne de Qianlong (1736-1795), vers 1740 (?). Porcelaine, émaux polychrome sur couverte et or. Bol, D. 7,5 cm. Soucoupe, D. 12,1 cm. Inv. 2011.9.1.1 et 2.

La guerre civile entre les dynasties Ming et Qing entraîne la destruction des fours de Jingdezhen, principale centre de l’industrie porcelainière chinoise. L’empereur Kangxi (1644-1722) se soucie personnellement du redémarrage de la production à partir de 1677 et du perfectionnement de celle-ci. Au même moment, les Européens introduisent les premières plaques émaillées en Chine. L’empereur demande à certains pères jésuites d’appliquer à la porcelaine la technique des émaux en poudre. Son utilisation est mise au point dans les ateliers impériaux du palais à Pékin sous Kangxi, mais elle n’est adoptée à Jingdezhen qu’à partir de 1728. Les émaux vitrifiables offrent une gamme de couleurs étendue et donc de nouvelles possibilités de représentation propre à satisfaire les commanditaires européens. Au symbolisme abscons des motifs chinois, ces derniers préfèrent la reproduction d’un répertoire iconographique plus familier. Dès lors, gravures et dessins sont adressés par les agents des compagnies des Indes pour être reproduits sur les porcelaines de commande.

Cet ensemble constitué d’un bol et d’une soucoupe en est un plaisant modèle, probablement commandé par la compagnie hollandaise. Marchands ou diplomates hollandais ont adopté le véhicule de prestige asiatique, l’éléphant, pour porter leurs présents chinois : une urne de porcelaine, des branches de corail, à leur destinataire qui ne pourra qu’être impressionné par le faste d’une telle ambassade.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

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