Robe à l'anglaise


Robe à l'anglaise

Inde, Côte de Coromandel pour l’Europe, vers 1770-1780. Toile de coton peinte et teinte par mordançage et réserve. Corsage, H. 56 cm. Jupe, L. 275,5 cm, H. 75 cm. Acquis en 2009 avec l’aide du FRAM. Inv. 2012.10.1.

Cette robe à l’anglaise est réalisée dans une toile dont les motifs de bouquets sont proches d’une série de fragments d’indiennes conservée au Rijksmuseum d’Amsterdam. Sur ces échantillons où figurent les cachets de la VOC (compagnie hollandaise des Indes) sont encore épinglées les annotations écrites par le vendeur en 1783. Ces indiennes sont datées des années 1775 à 1782. Leur provenance est indiquée et correspond à la zone sud de la côte de Coromandel et pour certaines au village de Palliacat (actuel Pulicat) situé près de Madras. Cette concordance peut laisser imaginer que la toile de la robe a été fabriquée près de Madras dans les années 1770-1780. Palliacat est réputé pour ses mouchoirs de col ou foulards colorés à carreaux. Ils prennent au début du 18e siècle l’appellation de tissus Madras.

La robe à l’anglaise se compose, normalement, d’un large jupon et d’une robe de dessus, le manteau, dont le corsage très ajusté plonge en pointe dans le dos. Une version, dite économique, consistait à coudre directement le jupon au manteau, permettant ainsi l’économie de tissu pour le dos du jupon, ce qui semble être le cas pour cette robe.

Plus sobre, plus confortable, que la robe à la française, puisqu’elle se porte sans panier ni corps à baleines, la robe à l’anglaise est à la mode en France à partir de 1770 et jusqu’à la fin du 18e siècle. L’utilisation des indiennes colorées dans la fabrication des robes à l’anglaise correspond à une volonté de simplification des vêtements à la fin du 18e siècle. Lavables et donc hygiéniques, souples, légères et résistantes, les indiennes sont moins contraignantes que les fragiles soies ou les lourds brocarts de velours.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

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