Robe à la française


Robe à la française

Chine et France, vers 1765-1770. Taffetas de soie brodé de fils de soie floche aux points empiétant, passé, lancé et de tige. H. 155 cm. Don des familles Poulain du Reposoir et de Kercadio. Restauré avec l’aide du Conseil départemental. Inv. 2002.8.1.

Manteau, compères et jupe composent la robe dite « à la française ». En France où elle est née, elle est portée par les élégantes aristocrates de 1740 à la Révolution française.

Le manteau, porté sur un corset (sous-vêtement féminin de maintien destiné à affiner la taille), est ajusté sur le buste par un système de laçage dorsal dissimulé dans la doublure que recouvrent de larges plis tombant jusqu’au sol. Les manches, sur lesquelles se fixaient les « engageantes », petits volants de dentelles, s’arrêtent au coude. Sur le devant, en haut, le manteau s’ouvre sur les « compères », petites pièces de tissus agrafées imitant un gilet. Il laisse également voir le devant de la jupe à plis dont les falbalas ou décorations en bouillonnées ou plissés de tissus ont disparu. Leur présence est attestée par les traces de coutures anciennes. La jupe est portée sur un panier (jupon à armature rigide), formé de deux sacs baleinés disposés sur les hanches. Nommés « paniers à commodité » ou « paniers à coudes », car les femmes peuvent y laisser reposer les bras, ces paniers saillants forment la silhouette caractéristique de la robe « à la française » vers 1765-1770.

Le taffetas de soie, rose saumon à l’origine, de couleur crème à présent, est brodé à même la soie de motifs chinois issus de répertoire taoïste ou bouddhiste. Leur symbolique évoque des vœux de prospérité et de bonheur : faveur céleste (poissons géminés), longévité (grue, cerf, chrysanthème), concorde et harmonie (grue, coq, caille), richesse (pivoine et poisson).

La présence d’idéogrammes chinois, découverts à l’intérieur de la ceinture de la jupe à l’occasion de la restauration, semble attester l’origine chinoise du tissu et, ce qui est plus extraordinaire, la confection de la robe. Modèle français, étoffe, broderie et confection vraisemblablement chinoises, cette robe exceptionnelle, fruit d’un syncrétisme culturel entre l’Asie et l’Europe, reste une source d’énigmes pour l’historien. Parmi d’autres : par qui et pour qui cette robe somptueuse fut-elle réalisée en Chine ?

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

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