Portrait d'Hubert Le Loup de Beaulieu


6/05/2020 - Portrait d'Hubert Le Loup de Beaulieu

Anonyme, France, 1975. Papier, pastel. H. 46,5 cm, l. 36,5 cm

Ce pastel représente « le chevalier Le Loup de Beaulieu, Officier de la Compagnie des Indes ». Hubert Le Loup de Beaulieu a servi dans les états-majors des vaisseaux de la Compagnie des Indes de 1759 à 1771. A ce titre, il sert principalement sur les vaisseaux armé pour l’océan Indien et la Chine. Tout d’abord comme second enseigne, à 60 livres par mois, sur le vaisseau le Centaure, armé à destination de l’Inde et désarmé à l’île de France. Entre 1760 et 1763, il est second enseigne sur le Vengeur, avant de passer sur le Comte de Provence.

Il fait la campagne du Beaumont entre 1765 et 1766 toujours comme second enseigne. Il est mentionné comme originaire de Nantes. La campagne le mène de Lorient à la Chine, aller-retour, en passant par les Mascareignes.

En 1768, il embarque sur l’Ajax puis passe sur le Sage, le 29 janvier 1769, en qualité de premier enseigne. Il fait la campagne de l’île de France à Lorient.

Il fait la campagne du Duc de la Vrillière entre 1773 et 1775. Cette fois, il est premier lieutenant à 120 livres par mois. On apprend qu’il a 34 ans. Il indique qu’il est toujours originaire de Nantes.

En 1776, il est enregistré à l’armement du Carnatic, pour un voyage entre l’Inde et la Chine, en qualité de capitaine, à 150 livres par mois. Il est dit originaire de Lorient et a 37 ans, ce qui confirme une date de naissance en 1739.

Il est engagé dans la guerre de Sept ans. Reconverti dans le commerce libre à l’issue du monopole de la Compagnie des Indes, il est capitaine pour un armement dans l’océan Indien pour le compte des frères Bérard, anciens directeurs et administrateurs de la Compagnie des Indes.

Le Loup de Beaulieu obtient le commandement de la frégate la Forte en 1796. Cette frégate est considérée comme la plus belle qui ait pu être construite au XVIIIe siècle. Ce commandement implique que notre homme était certainement reconnu pour son engagement et son aptitude à commander. Engagé dans le conflit avec les Anglais dans l’océan Indien, c’est au cours d’un combat avec l’HSM Sybille, que le capitaine Le Loup de Beaulieu est tué d’un coup de canon à 1H40 du matin, le 1 mars 1799.

Hubert Le Loup de Beaulieu est également connu pour être le cousin du célèbre peintre de marine Louis Garneray. Celui-ci a navigué très tôt sous les ordres du capitaine Le Loup de Beaulieu. Peintre et écrivain, Louis Garneray a laissé plusieurs récits dont Voyages, aventures et combats. Souvenirs de ma vie maritime dans lequel il évoque les navigations avec son cousin qui y apparait sous les traits d’un véritable « loup de mer ».

Le site Internet Mémoire des Hommes, du ministère de la Défense, recense 250 000 membres d’équipage et de passagers passés sur les vaisseaux de la Compagnie des Indes. Tous ces individus ne sont connus, pour l’essentiel, qu’à travers les documents d’archives. Le témoignage documentaire, que représente ce pastel, de facture modeste, intéresse au plus haut point le musée de la Compagnie des Indes et tous les historiens qui s’intéressent à l’histoire de la compagnie maritime de commerce, et plus largement, à celle de la marine française. Le potentiel de narration d’un tel document permet « l’incarnation » de l’histoire de la compagnie de commerce. Face au déficit d’image et d’iconographie auquel les historiens français et le musée sont confrontés pour évoquer la Compagnie des Indes, ce petit pastel apparaît comme un petit trésor qui permet, de surcroît, d’exhumer la mémoire d’un personnage tout à fait passionnant qui retrouve sa place dans l’Histoire.

© B. Nicolas, F. Georges, Musée de la Compagnie des Indes


 

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