Poire à poudre


28/05/2020 - Poire à poudre

Noix de coco, métal, fin du 18e siècle-début du 19e siècle. Inv. 2019.4.1. Don de l'Association des Amis du Musée de la Compagnie des Indes.

Comme de nombreux objets naturels rares, curieux, provenant de pays lointains, les noix de coco qui parviennent en Europe à partir du 15e siècle, font leur entrée dans les cabinets de curiosités ou sont parfois serties dans des montures d’orfèvrerie, dans une mise en scène de la fascination des ailleurs. Elles témoignent également de la présence des Européens, partis à la recherche des épices, dans l’aire marine indo-malaise d’où sont originaires les cocotiers.

Ramenées par les marins, elles deviennent l’objet d’un artisanat populaire qui exploite les propriétés naturelles du fruit afin de les transformer, principalement, en poire à poudre ou en gourde.

Certaines ont pu être directement sculptées par d’habiles marins pendant les calmes plats des longs temps de voyage, d’autres ont été confiées à des mains expertes pour un travail élaboré de sculpture.

La forme et les trois petites marques, formées par les « tiges » reliant la noix au cocotier, ont naturellement conduit les artisans à les agrémenter souvent d’une paire d’yeux et d’un bec pour évoquer un animal fantastique comme c’est ici le cas. Une monture métallique, reliée au bec, vient sertir la noix de coco. Le bec dispose d’un système de fermeture à clapet mécanique monté sur ressort. La noix a été sculptée en plusieurs compartiments ourlés d’une petite cordelette sculptée et ornés d’un décor de palmes et de plumes. Dans deux des grands compartiments figurent deux perroquets, l’un de profil, l’autre de face déployant ses ailes. Ce décor, d’une belle qualité, évoque plutôt le travail d’un professionnel.

© B. Nicolas, F. Georges, musée de la Compagnie des Indes.


 

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