Pékin peint


22/06/2020 - Pékin peint

Chine, vers 1770. Taffetas de soie gouaché. H. 109 cm, L. 70 cm. Inv. 2011.17.1.

Outre la soie brute destinée aux manufactures, la Compagnie importe de Chine des étoffes de soie prêtes à l'emploi pour la confection et surtout l'ameublement. Il s'agit de taffetas, pékins, gourgourans (étoffe de soie tissée en fil floche, unie, rayée, souvent brodée de fleurs et d'oiseaux) unis ou à fleurs brochées, patissoyes (étoffe de soie façonnée et brochée), satins unis ou rayés, lampas et « damas à meuble ». Leur description évoque l'univers coloré poétique, extrêmement délicat, à la mode au milieu du 18e siècle. Elles sont « vert foncé, gris cendré, bleu foncé, bleu turc, vert naissant, musc, noisette foncée, olivâtre, gris ardoisé, cannelle, blanc de roi, citron ». Lorsqu'elles sont rayées, elles sont « bleu et gris perle, blanc et gris de lin vif, blanc et vert étroit, blanc et jonquille petite ». Les satins sont rayés à bouquets détachés brochés et les broderies sont ton sur ton : « noisette claire et broché en noisette, bleu céleste et broché en bleu, citron et broché en citron », etc. Les lampas sont dits « étroits cannelés à ramages brochés ». Tous ces textiles sont enregistrés, dans les catalogues de ventes aux enchères de la Compagnie des Indes, au chapitre des marchandises prohibées devant être réexpédiées à l'étranger. C'est le cas au moins de 1741 à 1777. Leur diffusion dans le royaume ne se fait que par le réseau du commerce illicite. Parmi elles se trouvent les pékins peints, taffetas de soie peint à la gouache de motifs de fleurs. Cent-cinq pékins peints sont mis aux enchères à Lorient à la vente de 1766, soixante à celle de 1777. Ils servent à la confection de vêtements et dans l'ameublement à l'image de ce panneau issu d'un ensemble de six. Décorés de semis de roses et de bouquets noués alternant avec des guirlandes de fleurettes et d'œillets, ils ont été très longtemps exposés dans des boiseries. La reine Marie-Antoinette succombe aux charmes délicats des pékins et en fait parer son intérieur de Saint-Cloud ainsi que son salon de jeu à Versailles.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

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