Chine, 18e siècle. Pâte à papier (mûrier, bambou). H. 184 cm, L. 118 cm. Inv. ML 181.A.
Les papiers peints à décor de personnages, de ramages, d'oiseaux et de fleurs figurent en petite quantité dans toutes les cargaisons des navires en provenance de Chine. Ils sont dits à fond d'argent, or, azur ou azur et blanc. En 1772, ils sont vendus en « feuilles » et présentent des motifs de fleurs, d'oiseaux, de figures, de pots de fleurs ou encore d'arbres fruitiers. Ils peuvent combiner deux motifs et sont parfois « à ramages meslées » et d'autres « à personnages ». Bérard, administrateur de la Compagnie des Indes, fait l'acquisition, quant à lui, de « beaux papiers. Cérémonies et paysages ».
Le journal du marchand Duvaux enseigne que ces feuilles de papiers peints étaient associées, dans des boiseries, à des textiles asiatiques, soie de Chine ou indiennes des Indes, pour composer les décors muraux de salon, de cabinet ou de chambre dédiés à l'évocation d'un univers décoratif chinois. Une partie de ces papiers peints servait également à la fabrication de paravents ou d'écrans. C'est ainsi que monsieur Marion reçoit plusieurs caisses dont l'une contient « 112 feuilles de papiers peints dont 12 pour écran ».
Les papiers peints ne représentent qu'un faible marché pour la Compagnie des Indes puisqu'en 1758, ils ne représentent que 6 846 livres de recettes sur un montant global porté à plus de 10 millions de livres.
© B. Nicolas, F. Georges, Musée de la Compagnie des Indes