Paire de perroquets


Paire de statuettes de perroquets posés sur des rochers

 Chine, ateliers de Jingdezhen (?). Période Kangxi (1662-1722). Porcelaine, émaux polychromes sur couverte. H. 20,5 cm. Inv. 2017.7.1.1 et 2. Acquis avec l'aide du FRAM.

Les premiers cabinets de porcelaines sont créés en Europe dans les années 1680. Ces accumulations de porcelaines sur les manteaux de cheminées, les chambranles des portes et les étagères s'intensifient avec la diffusion de gravures présentant des modèles dessinés par l'architecte Daniel Marot (1661-1752). Cette mode est concomitante à l'augmentation des arrivages de porcelaines via le réseau des Compagnies des Indes. Parmi les objets récurrents présentés dans ces expositions figurent les perroquets sur des rochers, souvent par paire. Ils sont réalisés selon des modèles standards avec pour variante des rochers pleins ou repercés. Des perroquets de porcelaine chinoise existaient dans le pavillon chinois de Drottningholm en Suède, dans la collection d'Auguste Lefort à Dresde ainsi que dans celle de Charlottenburg à Berlin.

Dans le courant du 18e siècle, de nombreuses porcelaines sont enrichies de montures de bronze et parfois associées à d'autres éléments avec lesquels elles forment des garnitures de table, des candélabres, des horloges, etc. Sans cette adaptation au goût du règne de Louis XV, opérée par d'habiles bronziers, beaucoup de porcelaines devenues communes seraient peut-être restées invendues. Le journal de Lazare Duvaux mentionne ainsi en 1751 la vente à la marquise de Pompadour « d'une garniture, bleu céleste uni, de deux chats et trois bouteilles à dragons, garnies en bronze doré moulu, dont les modèles ont été faits exprès », pour la somme conséquente de 1 480 livres.

Les statuettes anthropomorphes ou d'animaux et de volatiles n'apparaissent pas dans le corpus de la vente annuelle de la Compagnie des Indes à Lorient. Les épaves de divers vaisseaux des compagnies hollandaise ou anglaise montrent pourtant leur présence à bord. Le Griffin, vaisseau de l'East India Company, transporte des statuettes de la déesse Guanyin, des jumeaux Ho Ho, d'immortels taoïstes et de quelques épagneuls. Le Geldermalsen renferme 109 statuettes de figures humaines ainsi que des statuettes de chevaux, de grues et de perroquets juchés sur des rochers percés. Si l'on excepte la vente en 1701, par la compagnie anglaise de « 179 painted parots » en provenance du vaisseau Fleet, on peut supposer que ces articles circulaient principalement par le biais du fret privé ou par celui de la pacotille avant de venir enrichir les collections des amateurs de « lachine ».

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes. 

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