L'enfant Jésus Bon Pasteur


10/04/2020 - L'enfant Jésus Bon Pasteur

Inde, Goa (?), 17e siècle. Ivoire. H. 22,5 cm, L. 6,3 cm, P. 5 cm.

Dans les enclaves portugaises, l'activité des ordres missionnaires, notamment jésuites, chargés de mener l'entreprise d'évangélisation promise au Pape, est intense. Alors même que les Indiens non convertis n'ont pas l'autorisation de fabriquer des objets de culte, les Portugais commandent ces derniers aux artisans indiens, dont les savoir-faire, les techniques et l'héritage culturel viennent enrichir l'attente des commanditaires. Les objets qui en résultent, indo-portugais, ou luso-indiens, sont le reflet de cette hybridation culturelle et religieuse.

Ainsi, le goût indien pour la prolifération des statues divines, conjugué aux besoins de donner à voir des images pour enseigner le catéchisme aux nouveaux convertis indiens, aboutit à l'invention d'une figure nouvelle syncrétique : l'Enfant Jésus Bon Pasteur.

Cette effigie renvoie à une figure traditionnelle de l'iconographie chrétienne, celle du Bon Pasteur, représenté sous la forme du Christ assis, entouré de ses brebis, ou plus communément, sous la forme du Christ debout portant un agneau sur les épaules. Cet Enfant Jésus Bon Pasteur est également une évocation de la figure du Bouddha assis en contemplation, jambes croisées, la tête penchée reposant sur une main, le Bodhisattva Avalokitesvara. Pour les Indiens, l'Enfant Jésus Bon Pasteur rappelle Krishna Venugopala, avatar terrestre de Vishnou, incarné en pasteur adolescent, vêtu d'une peau de mouton, protégeant et charmant les animaux. En quelque sorte, l'Enfant Jésus Bon Pasteur est la symbiose de ces trois divinités.

Les statues de l'Enfant Jésus Bon Pasteur sont toujours composées de trois éléments : le piédestal, l'Enfant Jésus et l'arbre rayonnant. Ce dernier élément, très fragile, est très souvent manquant, comme ici. Seuls quelques petits trous indiquent sa présence passée. Ces figurines d’ivoire ont été abondement importées et commercialisées au Portugal.

© B. Nicolas, F. Georges, Musée de la Compagnie des Indes


 

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