Grand plat aux armes de Louis XV


9/06/2020 - Grand plat aux armes de Louis XV

 Chine, Jingdezhen, vers 1738-1740. Porcelaine Imari, émaux polychromes et or sur couverte. D. 38,9 cm, H. 6,5 cm. Inv. 2012.16.1. Acquis avec l'aide de l'Association des Spécialistes des Arts asiatiques.

C'est au 18e siècle que sont commandés, en France, la plupart des services armoriés en porcelaine de Chine. La deuxième fonte d'argenterie, décrétée en 1709 pour contribuer à l'effort de guerre, n'y est pas étrangère. Les commanditaires désireux de reconstituer leur table d'apparat y voient une alternative raffinée les mettant à l'abri de tout nouveau désagrément. La famille royale montre l'exemple et Philippe d'Orléans, futur régent, passionné de porcelaines japonaises et chinoises, commande, en 1710, un service Imari armorié. Quelques années plus tard, Louis XV, roi de France et de Navarre, ordonne à la Compagnie des Indes de faire exécuter une première série de douze bidets aux armes de France. En 1738, le conseil de direction de la Compagnie à Canton reçoit une nouvelle requête portant cette fois sur un service complet. Deux années sont nécessaires à la réalisation des différentes pièces dont le nombre reste inconnu. Quelques exemplaires dispersés à présent dans le monde témoignent de leur variété : rafraîchissoirs, boîtes à épices, tasses et soucoupes, pots à oille, jattes octogonales, bassins et pots à eau et enfin, assiettes et plats. En 1740, ordre est donné de faire embarquer la cargaison royale sur les deux vaisseaux qui quittent la Chine de conserve. La crainte du naufrage justifie cette mesure que ne saurait démentir la perte retentissante du Prince de Conty fracassé sur les rochers de Belle-Île à son retour de Chine six années plus tard.

De style Imari, l'ornementation du service de Louis XV est surtout dominée par l'ampleur des armes de France, « d'azur à trois fleurs de lys d'or », qui s'inscrivent au centre de deux colliers d'ordre de chevalerie, celui de l'ordre de Saint-Michel et celui du Saint-Esprit, dont le roi est souverain et grand maître.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes. 


 

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