Figurines Putaï


17/04/2020 - Paire de figurines Putaï (Bouddhas) montés en candélabre

Chine pour l’exportation vers l’Europe pour les statuettes, fleurs de Meissen (Allemagne), France pour le bronze et le montage, dynastie Qing (1644-1911), période Kangxi (1662-1722) pour les Putai, Fleurs en porcelaine allemande, avant 1750 (?), monture, période Louis XV, vers 1750 (?), porcelaine moulée, polychromie sur la glaçure, fleurs de Meissen, bronze coulé, ciselé et doré, H. 19,5 cm L. 19 cm.

En raison de leur prestige, les premières porcelaines en provenance de Chine ont été enchâssées dans des montures d’orfèvrerie afin de les magnifier et de les protéger. Cette mode connaît un regain de créativité pendant le règne de Louis XV et particulièrement pendant la période rococo. A cette époque, les porcelaines de Chine et du Japon arrivent par milliers dans les ports des compagnies des Indes européennes.

Les marchands-merciers, seuls autorisés à écouler les marchandises d’Orient, vont user de leur droit à les enjoliver pour inventer un nouveau « débouché » aux petites porcelaines et particulièrement aux figurines anthropomorphes et zoomorphes. Ils ne se contentent plus de sertir d’argent ou de vermeil les fragiles porcelaines mais les intègrent dans des compositions fantaisistes associant le bronze et les fleurs de porcelaine européennes pour créer d’exquis candélabres, écritoires, surtout de table, etc.

Les bronziers rivalisent d’habileté pour la réalisation des montures de style rocaille.

Cette paire de Putai, qui peut être qualifiée de bleu céleste, date de la période Kangxi. Putai est un moine bouddhiste qui a vécu au début du 10e siècle. Les deux statuettes répondent au code de représentation traditionnel chinois de ce personnage qui devient emblématique du goût pour le « lachinage » en France : bien en chair, souriants pour ne pas dire rieurs, la robe monastique s'ouvrant sur un ventre opulent.

Ces figures plaisent pour leur étrangeté, leur fantaisie, leur caractère exotique.

Les deux Putai moulés ont été intégrés à une composition de bronze doré de belle facture agrémentée de fleurs de Meissen et de deux bobèches pour créer une paire de candélabres asymétriques. Leur couvre-chef leur confère un petit effet comique. Tout concourt à l'illustration du style rococo, symbole d’un luxe français associant le goût pour l’exotisme au raffinement des arts décoratifs.

Avant l'acquisition de cette paire de Putaï, le musée de la Compagnie des Indes ne possédait pas d’œuvres permettant d’illustrer l’intégration des céramiques chinoises à la mode des objets montés, en vogue sous Louis XV.

© B. Nicolas, F. Georges, Musée de la Compagnie des Indes


 

© 2018 - site officiel du Musée de la Compagnie des Indes de Lorient

Retour en haut