Caraco en indienne


2/06/2020 - Caraco de femme en indienne

Inde, côte de Coromandel pour l'Europe pour le textile, confection du caraco en Hollande (?), vers 1780. Toile de coton peinte et teinte par mordançage et réserve. H. 65 cm, l. 42 cm, 80 cm avec les manches. Cachet de l'United East India Company sur l'un des panneaux. Inv. 2010.5.1.1 et 2. Acquis avec l'aide du FRAM et du FRAR.

Ce caraco est réalisé dans une toile de coton extrêmement fine, peut-être une toile percale réputée parmi les plus fines au 18e siècle. La qualité de tissage des toiles de l'Inde se mesure en conjons, « c'est-à-dire au nombre de fois où 120 fils de chaîne se présentent dans la largeur » (G. Jouveau-Dubreuil). Plus le nombre de conjons est important, plus la toile est fine. Le naturaliste Anquetil Duperron note : « Le nombre des conjons fixe la finesse et le prix des mouchoirs et, en général, de toutes les toiles de la côte ». L'équité presque atteinte entre les fils de chaîne au nombre de quarante et les fils de trame au nombre de trente-huit répond aux recommandations de Georges Roques, agent de la Compagnie des Indes en charge du textile en Inde à la fin du 17e siècle : « On choisit pour le blanchissage des [toiles] fortes et plus serrées, au contraire pour la peinture, celles qui sont molles et moins battues. Il faut les choisir mollettes et de bon coton, c'est-à-dire que la chaîne ne soit pas bien torse et corresponde en égalité à la trame pour rendre la toile plate et bien unie afin que le moule s'applique à plein et que la fleur ne soit point crevassée ».

La coupe particulière du caraco, avec sa taille haute et son absence de couture aux épaules, évoque les éléments de costumes populaires de la fin du 18e siècle en Hollande.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.


 

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