Cabinet japonais


15/04/2020 - Cabinet japonais

Japon pour l'exportation vers l'Europe, entre 1650 et 1690, bois (cyprès?) laqué noir, cuivre gravé, or, poudre d'or. H : 44 cm, L : 50 cm, P : 30 cm,

Pour répondre aux besoins des Européens, Portugais puis Hollandais, les artisans japonais fabriquent des objets qui allient des formes et des usages occidentaux à une esthétique japonaise mêlée d’autres influences orientales, notamment indiennes. Ces objets sont désignés par le terme nanban qui signifie « peuple du sud » ou « barbares », namban-jin désignant clairement les Occidentaux. Ces objets sont réalisés en bois laqué noir, rehaussé de riches décors d’or et d’incrustations de nacre.

Un commerce d'Inde en Inde, dans lequel les Chinois jouent un rôle prépondérant, laisse supposer que les Néerlandais de la VOC, détenteur d'un monopole de commerce avec le Japon, n’étaient pas les seuls à pouvoir acquérir ces objets.

Les archives incomplètes de la première Compagnie des Indes française indiquent que seules quelques unités ont été importées par ce biais à partir des années 1670. Ils font le délice des amateurs d’exotisme car les laques japonais sont préférés aux laques chinois.

Ce petit cabinet est en bois laqué noir à décors dorés de paysages et d’animaux. Des poignées latérales en bronze ciselé indiquent le caractère portable de l’objet. Il ouvre par deux portes tenues par des charnières en cuivre gravé et doré, qui découvrent onze tiroirs sur quatre rangs. Les deux portes sont ornées d'un paysage maritime traditionnel. Les faces latérales présentent un décor de rochers et de bambous dans lequel prennent place deux biches et des oiseaux. Un décor de même typologie orne le panneau du dessus. Deux phénix volent dans le ciel. L’effet de contraste entre le laque noir et l’or du décor est enrichi par une abondante ornementation en cuivre ouvragé, ciselé et doré que forment la ferrure de la serrure, les charnières et les écoinçons.

Ce cabinet entre dans la catégorie des cabinets désignés par l’expression anglaise «Pictorial style » traduite en France par « pittoresque ». Il est particulièrement intéressant et questionne beaucoup sur le commerce des laques du Japon en France au 17e siècle puis au 18e siècle. Bien qu’écartée du monopole de commerce avec le Japon, la Compagnie des Indes française a tenté d’y avoir accès par le biais d’un comptoir à Ayutthaya au Siam. L’entreprise s’est soldée d’une part, par le naufrage du prestigieux vaisseau le Soleil d’Orient, puis par l’expulsion des Français et la mise à mort de Phaulkon, leur intermédiaire.

© B. Nicolas, F. Georges, Musée de la Compagnie des Indes


 

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