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Pékins peints : Etude de conservation-restauration

Les pékins peints sont des soies ornées d’un décor gouaché. Ils sont à l’origine, importés de Chine par les compagnies européennes. On peut noter leur présence dans les ventes de la compagnie des Indes à Lorient pendant tout le 18e siècle. Les pékins peints chinois ont servi à l’ameublement et à la confection de vêtements.

Le musée de la Compagnie des Indes a acquis sept panneaux et souhaite assurer leur conservation à long terme. Une première phase d'étude approfondie de conservation-restauration s'est déroulée dans le musée durant le mois de juin 2020. Les panneaux ont été micro-aspirés afin d'éliminer une partie de leur encrassement et d'éventuels micro-organisme susceptible de participer à leur dégradation.

Les conclusions de cette étude permettront de sélectionner quatre panneaux à restaurer en priorité en vue de leur exposition, de déterminer leur mode de présentation et de conservation en réserve.


 

Une semaine, une oeuvre

Le musée a rouvert ses portes au public, pour notre plus grand plaisir !

Un jour, une oeuvre se transforme en une semaine, une oeuvre. Tous les lundis, un coup de projecteur met en lumière une pièce de nos collections.
Originaires d'Asie, d’Afrique ou d'Europe, tous les objets à l'honneur racontent une même histoire à portée planétaire, celle des Compagnies des Indes.
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3/08/2020 - Soucoupe et bol Ambassade hollandaise

Chine, ateliers de Jingdezhen, règne de Qianlong (1736-1795), vers 1740 (?). Porcelaine, émaux polychrome sur couverte et or. Bol, D. 7,5 cm. Soucoupe, D. 12,1 cm. Inv. 2011.9.1.1 et 2.

La guerre civile entre les dynasties Ming et Qing entraîne la destruction des fours de Jingdezhen, principale centre de l’industrie porcelainière chinoise. L’empereur Kangxi (1644-1722) se soucie personnellement du redémarrage de la production à partir de 1677 et du perfectionnement de celle-ci. Au même moment, les Européens introduisent les premières plaques émaillées en Chine. L’empereur demande à certains pères jésuites d’appliquer à la porcelaine la technique des émaux en poudre. Son utilisation est mise au point dans les ateliers impériaux du palais à Pékin sous Kangxi, mais elle n’est adoptée à Jingdezhen qu’à partir de 1728. Les émaux vitrifiables offrent une gamme de couleurs étendue et donc de nouvelles possibilités de représentation propre à satisfaire les commanditaires européens. Au symbolisme abscons des motifs chinois, ces derniers préfèrent la reproduction d’un répertoire iconographique plus familier. Dès lors, gravures et dessins sont adressés par les agents des compagnies des Indes pour être reproduits sur les porcelaines de commande.

Cet ensemble constitué d’un bol et d’une soucoupe en est un plaisant modèle, probablement commandé par la compagnie hollandaise. Marchands ou diplomates hollandais ont adopté le véhicule de prestige asiatique, l’éléphant, pour porter leurs présents chinois : une urne de porcelaine, des branches de corail, à leur destinataire qui ne pourra qu’être impressionné par le faste d’une telle ambassade.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

27/07/2020 - Boîte de quadrille à quatre compartiments

Chine, Canton (?), dynastie Qing, règne de Qianlong (1736-1795), vers 1770. Bois laqué, peint et doré, métal, nacre gravée. H. 5 cm, L. 20 cm, l. 16 cm. Acquis avec l’aide du FRAM et du Conseil départemental. Inv. 2017.3.1

Ce petit coffret en laque est une boîte de jeu de quadrille. Extrêmement en vogue en France et en Europe pendant tout le 18e siècle, le jeu de quadrille est un jeu de cartes qui requiert quatre participants et se joue avec 40 cartes. Cartes et jetons de nacre, qui servent aux mises pour les paris, sont rangés dans des petits coffrets à quatre cassetins. La popularité du jeu a conduit les Européens présents à Canton, pour le compte des compagnies des Indes, à en commander, au cours du 18e siècle.

Le fermoir de la boîte principale est en forme de yin et yang. Ce fermoir, si particulier, est identique à celui d’une boîte de jeu de quadrille à jetons de nacre conservée à l’Östasiatiska museet de Stockholm. Datée vers 1770, celle-ci a été importée de Chine et offerte en 1774 à Anna Marie Grill (1747-1812), fille d’Abraham Grill, directeur de la Compagnie des Indes suédoise.

La présence de ces objets parmi les effets personnels des hommes d’équipage de la Compagnie des Indes, indique qu’il était facile d’en trouver à Canton au 18e siècle. L’inventaire après décès des objets rapportés par le second enseigne Douillard, mort à bord du vaisseau le Duc de Béthune, à son retour de Chine en 1753, mentionne « 2 boîtes de cadrilles en vernis », ainsi que deux jeux de nacre.

Un autre document conservé aux archives de Lorient décrivant les caisses destinées à M. Le Mal de Sancé, mentionne la présence d’une « boîte à cadrille vernis et leurs jeux ».

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

20/07/2020 - Ensembles formés d’une aiguière casque sur piédouche et bassin

Chine, ateliers de Canton, dynastie Qing, vers 1720-1745. Cuivre émaillé en blanc à décor polychrome. Acquis avec l’aide du FRAM. Inv. 2016.7.1.1 et 2, 2016.4.1.1 et 2

A la fin du 17e siècle, l'empereur Kangxi est fasciné par les émaux européens que lui offrent les pères Jésuites, venus dans l'espoir d'évangéliser la Chine. A la demande de l'empereur, les ateliers du palais impérial à Pékin deviennent le théâtre de recherches dans le domaine de l'émail. Le père jésuite émailleur français, Jean-Baptiste Gravereau, arrive à Pékin en 1719. Les expériences portent sur un nouvel émail rose, inventé vers 1650 à Leyde en Hollande, par le chimiste Andréas Cassius. Associé à d'autres couleurs vitrifiables, cet émail permet aux émailleurs de disposer de toute la palette de l'arc en ciel. Il en résulte la création de pièces en cuivre émaillé dénommées yang-ci, signifiant porcelaines étrangères en raison de l'influence des émaux et des artistes européens impliqués dans le processus de leur invention.

Ces émaux, dénommés en Europe, émaux de Canton, ont permis de créer des objets dont les formes, l'iconographie et les coloris sont très similaires aux porcelaine de commande de la « famille rose », dont l'invention relève des mêmes découvertes en matière d'émaux vitrifiables. La monnaie courante de la Chine étant faite de cuivre, les restrictions commerciales en matière d'exportation limitent le commerce des émaux de Canton. C'est surtout au titre des commandes privées, relayées par les subrécargues et les hommes d'équipage des compagnies des Indes, qu'ils ont été importés en Europe. Quelques pièces armoriées en apportent également le témoignage.

Les modèles des aiguières à bassin en forme de coquille, en émail de Canton, sont inspirés des ensembles d’orfèvrerie apportés par les Portugais, présents à Macao depuis 1533. Les bassins tirent leur forme naturaliste du mollusque tridacne géant, plus communément appelé bénitier géant, mis à l’honneur par le répertoire stylistique rococo portugais.

Même si les deux modèles sont assez proches, le second diffère du premier par le caractère côtelé de l’aiguière et par une harmonie colorée plus froide. Le décor très coloré et couvrant, où dominent les enroulements décoratifs et les rinceaux à feuilles et fleurs, plus ou moins naturalistes, est commun à la typologie des aiguières à godrons et bassins en forme de coquille, popularisés par les commandes portugaises. Ce groupe homogène indique peut-être un atelier unique ou encore une circulation des modèles dans les différents ateliers en Chine.

© B. Nicolas, F. Georges, musée de la Compagnie des Indes.

13/07/2020 - Paire de lévriers

Chine, dynastie Qing, règne de Qianlong (1736-1795), vers 1760. Porcelaine, émaux polychromes, glaçure. H. 17,5 cm. Acquis avec l’aide du FRAM et du conseil départemental.

Les figures de canidés, représentées par les artisans chinois pour le commerce d’exportation vers l’Europe, correspondent au modèle européen introduit par les Portugais au 16e siècle. Plusieurs modèles de chiens ont été retrouvés en 1984, lors de fouilles subaquatiques, à bord de la cargaison du Götheborg, navire de la compagnie suédoise des Indes orientales, naufragé à son arrivée en Suède en 1745. La découverte de ces exemplaires démontre l’intérêt suscité par ces porcelaines zoomorphes.

Auguste II, dit « le Fort », prince électeur de Saxe, roi de Pologne, possède des figures similaires de chiens assis peints en émaux jaunes, bruns, verts et noirs. Son immense collection, la Porzellansammlung, compte 23 000 porcelaines à sa mort en 1733.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

6/07/2020 - Cassette à bétel en écaille de tortue

Indes orientales pour les Européens, région du Gujarat (?), fin du 18e siècle. Argent repoussé et ciselé, écaille de tortue. H. 8,5 cm, L. 18 cm, l. 11,5 cm. Acquis avec l’aide du FRAM et du Conseil départemental. Inv. 2016.6.1.

Les Indiens accordent de nombreuses propriétés médicinales et prophylactiques au bétel. Il joue un rôle essentiel dans les relations sociales et « les Indous regardent comme une très grande incivilité de parler à une personne en dignité ou de considérer sans mâcher de ce mélange » (Legoux de Flaix). Celui-ci est composé de feuilles de bétel, d’arecque coupée très mince, d’un peu de chaux et de cardamome.

L’adoption de l’usage du bétel par les Européens vivant en Inde ou à Java, est presque unanime, bien qu’à leur arrivée certains manifestent une réserve, voire un franc dégoût, devant les bouches rougies des femmes et l’obligation de cracher la salive qui résulte de sa mastication.

Les petits coffrets renferment tout le nécessaire à la consommation du bétel. Ils sont réalisés dans différents matériaux des plus simples au plus luxueux. Le corpus comprend des coffrets en bois tropicaux, en ébène, mais aussi en écaille de tortue et en ivoire. Ils sont, pour les plus beaux, enrichis d’argent. Celui-ci a probablement été réalisé dans le nord-ouest de l’Inde avant d’être diffusé dans l’un des comptoirs indiens ou encore à Batavia (actuel Djakarta, Indonésie).

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

29/06/2020 - Bol du navire noir

Japon, Arita, fin du 18e-début du 19e siècle. Porcelaine Imari, émail bleu sous la glaçure, rouge de fer sur la couverte, rehauts d'or. D. 21 cm, H. 10,5 cm. Inv. 2013.2.1. Don de l'Association des Amis du musée de la Compagnie des Indes.

Le Navire Noir est le nom donné au vaisseau portugais qui, de 1567 à 1639, gagne chaque année Nagasaki depuis Goa pour les échanges commerciaux. Cet événement annuel marque profondément les artistes japonais qui le dépeignent sur de nombreux paravents avant d'en fixer le souvenir sur des porcelaines. La caraque du Portugal est ensuite remplacée par l'Indiamen de la VOC. Les Hollandais se substituent aux Portugais et leur représentation fascine tout autant les artistes du pays du Soleil Levant.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes. 

22/06/2020 - Pékin peint

Chine, vers 1770. Taffetas de soie gouaché. H. 109 cm, L. 70 cm. Inv. 2011.17.1.

Outre la soie brute destinée aux manufactures, la Compagnie importe de Chine des étoffes de soie prêtes à l'emploi pour la confection et surtout l'ameublement. Il s'agit de taffetas, pékins, gourgourans (étoffe de soie tissée en fil floche, unie, rayée, souvent brodée de fleurs et d'oiseaux) unis ou à fleurs brochées, patissoyes (étoffe de soie façonnée et brochée), satins unis ou rayés, lampas et « damas à meuble ». Leur description évoque l'univers coloré poétique, extrêmement délicat, à la mode au milieu du 18e siècle. Elles sont « vert foncé, gris cendré, bleu foncé, bleu turc, vert naissant, musc, noisette foncée, olivâtre, gris ardoisé, cannelle, blanc de roi, citron ». Lorsqu'elles sont rayées, elles sont « bleu et gris perle, blanc et gris de lin vif, blanc et vert étroit, blanc et jonquille petite ». Les satins sont rayés à bouquets détachés brochés et les broderies sont ton sur ton : « noisette claire et broché en noisette, bleu céleste et broché en bleu, citron et broché en citron », etc. Les lampas sont dits « étroits cannelés à ramages brochés ». Tous ces textiles sont enregistrés, dans les catalogues de ventes aux enchères de la Compagnie des Indes, au chapitre des marchandises prohibées devant être réexpédiées à l'étranger. C'est le cas au moins de 1741 à 1777. Leur diffusion dans le royaume ne se fait que par le réseau du commerce illicite. Parmi elles se trouvent les pékins peints, taffetas de soie peint à la gouache de motifs de fleurs. Cent-cinq pékins peints sont mis aux enchères à Lorient à la vente de 1766, soixante à celle de 1777. Ils servent à la confection de vêtements et dans l'ameublement à l'image de ce panneau issu d'un ensemble de six. Décorés de semis de roses et de bouquets noués alternant avec des guirlandes de fleurettes et d'œillets, ils ont été très longtemps exposés dans des boiseries. La reine Marie-Antoinette succombe aux charmes délicats des pékins et en fait parer son intérieur de Saint-Cloud ainsi que son salon de jeu à Versailles.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.

15/06/2020 - Paire de statuettes de perroquets posés sur des rochers

 Chine, ateliers de Jingdezhen (?). Période Kangxi (1662-1722). Porcelaine, émaux polychromes sur couverte. H. 20,5 cm. Inv. 2017.7.1.1 et 2. Acquis avec l'aide du FRAM.

Les premiers cabinets de porcelaines sont créés en Europe dans les années 1680. Ces accumulations de porcelaines sur les manteaux de cheminées, les chambranles des portes et les étagères s'intensifient avec la diffusion de gravures présentant des modèles dessinés par l'architecte Daniel Marot (1661-1752). Cette mode est concomitante à l'augmentation des arrivages de porcelaines via le réseau des Compagnies des Indes. Parmi les objets récurrents présentés dans ces expositions figurent les perroquets sur des rochers, souvent par paire. Ils sont réalisés selon des modèles standards avec pour variante des rochers pleins ou repercés. Des perroquets de porcelaine chinoise existaient dans le pavillon chinois de Drottningholm en Suède, dans la collection d'Auguste Lefort à Dresde ainsi que dans celle de Charlottenburg à Berlin.

Dans le courant du 18e siècle, de nombreuses porcelaines sont enrichies de montures de bronze et parfois associées à d'autres éléments avec lesquels elles forment des garnitures de table, des candélabres, des horloges, etc. Sans cette adaptation au goût du règne de Louis XV, opérée par d'habiles bronziers, beaucoup de porcelaines devenues communes seraient peut-être restées invendues. Le journal de Lazare Duvaux mentionne ainsi en 1751 la vente à la marquise de Pompadour « d'une garniture, bleu céleste uni, de deux chats et trois bouteilles à dragons, garnies en bronze doré moulu, dont les modèles ont été faits exprès », pour la somme conséquente de 1 480 livres.

Les statuettes anthropomorphes ou d'animaux et de volatiles n'apparaissent pas dans le corpus de la vente annuelle de la Compagnie des Indes à Lorient. Les épaves de divers vaisseaux des compagnies hollandaise ou anglaise montrent pourtant leur présence à bord. Le Griffin, vaisseau de l'East India Company, transporte des statuettes de la déesse Guanyin, des jumeaux Ho Ho, d'immortels taoïstes et de quelques épagneuls. Le Geldermalsen renferme 109 statuettes de figures humaines ainsi que des statuettes de chevaux, de grues et de perroquets juchés sur des rochers percés. Si l'on excepte la vente en 1701, par la compagnie anglaise de « 179 painted parots » en provenance du vaisseau Fleet, on peut supposer que ces articles circulaient principalement par le biais du fret privé ou par celui de la pacotille avant de venir enrichir les collections des amateurs de « lachine ».

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes. 


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