Collections


Un jour, une oeuvre

En cette période de fermeture au public du musée de la Compagnie des Indes, nous souhaitons continuer à partager nos collections, à les faire découvrir et à rester en contact avec vous.
A compter du lundi 6 avril, chaque jour une œuvre sera présentée sur cette page.
Originaires d'Asie, d’Afrique ou d'Europe, tous les objets à l'honneur racontent une même histoire à portée planétaire, celle des Compagnies des Indes.
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29/05/2020 - Les marchands chinois

Chine, Macao, Canton ou Hong-Kong (?), vers 1825. Aquarelle sur papier. H. 32 cm, L. 41 cm. Inv. 2009.1.1.1 et 2009.1.1.2. Acquis avec l'aide du FRAM.

Outre les paysages et les sites remarquables de la rivière des Perles, gouaches et aquarelles issues des ateliers des ports où sont présents les Occidentaux se focalisent sur la reproduction des thèmes suivants : méthodes de culture, fabrication et ventes des marchandises chinoises (thé, soie, porcelaine, galeries de portraits chinois, demeures de mandarins, scènes de rue et du négoce, fleurs et oiseaux et enfin représentations de la flotte chinoise).

Dessins et aquarelles exécutés sur le motif étaient ensuite reproduits grâce à la technique de l'aquatinte. Diffusées sous forme de recueil par des éditeurs spécialisés dans le domaine du voyage, ces images offrent une vision édulcorée, voire fantaisiste de la Chine. La vision lénifiante véhiculée par ces séries est de nature à satisfaire le client européen.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.


 

28/05/2020 - Poire à poudre

Noix de coco, métal, fin du 18e siècle-début du 19e siècle. Inv. 2019.4.1. Don de l'Association des Amis du Musée de la Compagnie des Indes.

Comme de nombreux objets naturels rares, curieux, provenant de pays lointains, les noix de coco qui parviennent en Europe à partir du 15e siècle, font leur entrée dans les cabinets de curiosités ou sont parfois serties dans des montures d’orfèvrerie, dans une mise en scène de la fascination des ailleurs. Elles témoignent également de la présence des Européens, partis à la recherche des épices, dans l’aire marine indo-malaise d’où sont originaires les cocotiers.

Ramenées par les marins, elles deviennent l’objet d’un artisanat populaire qui exploite les propriétés naturelles du fruit afin de les transformer, principalement, en poire à poudre ou en gourde.

Certaines ont pu être directement sculptées par d’habiles marins pendant les calmes plats des longs temps de voyage, d’autres ont été confiées à des mains expertes pour un travail élaboré de sculpture.

La forme et les trois petites marques, formées par les « tiges » reliant la noix au cocotier, ont naturellement conduit les artisans à les agrémenter souvent d’une paire d’yeux et d’un bec pour évoquer un animal fantastique comme c’est ici le cas. Une monture métallique, reliée au bec, vient sertir la noix de coco. Le bec dispose d’un système de fermeture à clapet mécanique monté sur ressort. La noix a été sculptée en plusieurs compartiments ourlés d’une petite cordelette sculptée et ornés d’un décor de palmes et de plumes. Dans deux des grands compartiments figurent deux perroquets, l’un de profil, l’autre de face déployant ses ailes. Ce décor, d’une belle qualité, évoque plutôt le travail d’un professionnel.

© B. Nicolas, F. Georges, musée de la Compagnie des Indes.


 

27/05/2020 - Jonque

Anonyme, Chine, Ateliers de Hong-Kong (?), seconde moitié du 19e siècle. Huile sur toile. H. 45 cm, L. 60 cm. Inv. 2009.4.1.1 et 2009.4.1.2. Acquis avec l'aide du FRAM.

Cette paire d'huiles sur toile représente une jonque dans le gros temps effectuant une manœuvre de réduction de voilure. Il s'agit de représentations typiques des ateliers de Canton ou de Hong-Kong. La maîtrise de la représentation de la jonque, des éléments marins, l'abondance de détails dans le traitement du gréement sont autant d'éléments évoquant l'entourage du peintre Hingqua, actif entre 1850 et 1880.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.


 

26/05/2020 - Poids Ashanti

Fonte, Inv. ML 216

L'or africain est très convoité par les Européens. Il fait rêver les directeurs des différentes compagnies en poste sur les côtes d'Afrique de l'Ouest : en Sénégambie, le « Pays d'or », à Tombouctou au Soudan jusqu'au port d'El Mina dans le Golfe de Guinée.

L’or Akan a fait d’El Mina un des ports les plus disputés par les nations européennes dans le golfe de Guinée. A leur installation, les Portugais traitent avec des royaumes côtiers, les Akwamu, les Denkira. En 1680, à Kumasi, Osei Tutu, venu du nord du pays, rassemble les différentes populations Akan dans le royaume Ashanti. Contrôlant les routes et la distribution de l’or au nord et au sud de Kumasi, l’hégémonie Ashanti s’étend sur quatre cents kilomètres du nord au sud et sur deux cents kilomètres de l’est à l’ouest. Elle contrôle désormais le port d’El Mina, où elle commerce avec les Portugais, les Anglais et les Hollandais.

Les poids à peser l’or résument toute l’organisation et l’activité du royaume. Le commerce avec le monde musulman transparaît par les motifs non figuratifs, la présence des européens est signifiée par de petits personnages, figurines et miniatures d’objets étrangers, les proverbes réglant la société Akan sont représentés par des symboles figuratifs et zoomorphes.

A Kumasi, les orfèvres occupent un quartier particulier dans la capitale et produisent les riches bijoux de la cour portés lors des cérémonies. Le roi est alors précédé des laveurs d’âmes qui tiennent devant eux de larges disques d’or dont la fonction est de purifier l’âme. Le roi trône sur son siège d’or, fédérateur des Ashanti, et insigne de la royauté.

Cet or des légendes africaines, qui a fait l'objet de tant de quêtes, se dérobe pourtant toujours à l'avidité des compagnies des Indes.

© B. Kowalski, B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.


 

25/05/2020 - Plat kraak

Chine, dynastie Ming, période Wanli (1573-1620). Porcelaine à décor bleu sous couverte. D. 37 cm. Inv. 2012.12.1.

C'est par un processus lent et empirique, qui s'étend sur plusieurs millénaires, que les céramistes chinois achèvent de mettre au point la technique de fabrication de la porcelaine au 9e siècle de notre ère. Le kaolin, son composant essentiel, est resté méconnu de l'Europe jusqu'au début du 18e siècle.

Le kaolin est mélangé à une pierre blanche fusible et feldspathique : le petuntse. Tous deux sont finement broyés puis brassés avec une eau très pure. La pâte obtenue est mise en forme par moulage, modelage ou au tour de potier. Les objets ainsi réalisés (le cru) sèchent longtemps avant d'être trempés dans la couverte ou glaçure. Cette couverte, très liquide, est composée de petuntse, de fondants, de chaux et d'alumine. Suit une cuisson de plusieurs jours (jusqu'à 19) au grand feu, élevé à 1350 °C. Cette très haute température, obtenue dans des fours de brique, constitue le deuxième secret de la fabrication de la porcelaine. Contrairement aux argiles, le kaolin porté à ces températures se vitrifie jusqu'à devenir translucide. Sous l'action de la chaleur, cru et couverte fusionnent révélant le caractère immaculé et brillant de la porcelaine.

A partir de la dynastie Ming (1368 à 1644), les artisans chinois maîtrisent l'utilisation d'oxydes et d'émaux vitrifiables pour créer des décors. L'oxyde de cobalt, généralement posé sous la glaçure, produit un bleu profond à la cuisson. Les porcelaines au décor bleu se détachant sur un fond blanc brillant à l'incomparable velouté sont baptisées « bleu et blanc » ou Ming. Elles connaissent un véritable succès auprès de la cour de l'empereur et des pays asiatiques tributaires. Le Moyen-Orient est également séduit par cette remarquable production. Les ateliers chinois adaptent formes et iconographies aux besoins spécifiques de chacun des commanditaires. A partir du 16e siècle, les caraques portugaises se chargent à leur tour de « bleu et blanc ». En Europe, elles sont dénommées porcelaine Kraak en référence aux navires marchands portugais, les caraques.

Ce grand plat à décor de bleu sous couverte est orné, sur l'aile, d'un décor traditionnel à compartiments où alternent symboles bouddhiques et fruits. La scène centrale de l'oiseau attrapant un papillon est typique de la seconde moitié du 16e siècle, période d'essor de cette céramique d'exportation vers l'Europe.

© B. Nicolas, musée de la Compagnie des Indes.


 


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